Le Shiatsu est une pratique manuelle d’origine japonaise. Comprendre d’où elle vient et sur quel cadre de pensée elle s’appuie permet d’en avoir une vision plus juste. Cet article propose une présentation factuelle de ses origines et de ses notions traditionnelles.
Une pratique manuelle japonaise du XXe siècle
Le mot japonais *shiatsu* signifie littéralement « pression des doigts ». La pratique s’est structurée au Japon au cours du XXe siècle, en s’appuyant sur des techniques manuelles plus anciennes, notamment l’*anma*, forme traditionnelle de massage japonais.
Le Shiatsu s’est progressivement constitué comme une discipline distincte, avec ses propres écoles, ses formations et ses courants. Il est aujourd’hui pratiqué dans de nombreux pays, dont la France, où il relève du champ des pratiques de bien-être.
Deux figures fréquemment citées
Tokujiro Namikoshi (1905-2000) est associé au développement d’une forme de Shiatsu centrée sur des points de pression et sur une approche descriptive du corps. Il fonde une école au Japon et contribue à la structuration de l’enseignement de la discipline.
Shizuto Masunaga (1925-1981) développe une autre approche, souvent désignée sous le nom de Shiatsu Zen, qui accorde une place importante aux trajets appelés méridiens et à la qualité de la relation entre le praticien et la personne reçue.
Ces deux courants coexistent et ont influencé la plupart des enseignements actuels. Les présenter ainsi relève de l’histoire de la discipline, sans en faire des références médicales.
Le cadre traditionnel : méridiens, Ki, cinq éléments
Le Shiatsu s’inscrit dans un cadre de pensée hérité des traditions d’Extrême-Orient. Trois notions y reviennent régulièrement.
Les méridiens désignent des trajets le long desquels le praticien organise son travail manuel. Ce sont des repères issus du cadre traditionnel de la pratique. Ils ne correspondent pas à des structures anatomiques identifiées par la médecine conventionnelle, et il serait inexact de les présenter comme telles.
Le Ki est une notion centrale de la culture japonaise, que l’on traduit souvent par « souffle » ou « énergie ». Elle relève d’un cadre culturel et philosophique. Elle ne désigne pas une énergie physiologique mesurable scientifiquement.
Les cinq éléments constituent un système de correspondances traditionnel, utilisé comme grille de lecture symbolique. Là encore, il s’agit d’un cadre de pensée, non d’un modèle physiologique.
Pourquoi cette précision est importante
Ces notions ont leur intérêt : elles structurent la pratique, orientent le geste du praticien et donnent une cohérence à la discipline. Elles font partie de son héritage culturel.
Les présenter pour ce qu’elles sont — un cadre traditionnel — est une question d’honnêteté. Le Shiatsu ne rétablit pas une circulation énergétique, ne libère pas de blocages et n’agit pas médicalement sur l’organisme. Il propose une pratique manuelle et un temps de détente.
La pratique aujourd’hui
Concrètement, le Shiatsu se reçoit habillé, sur futon, sur table ou sur chaise. Le praticien exerce des pressions principalement avec les pouces, les doigts et les paumes, complétées par des mobilisations et des étirements doux, en s’adaptant au confort de la personne.
Durée moyenne : environ 1 h 30, temps d’échange compris.
Françoise Delangle-Vozelle, spécialiste en Shiatsu à Bretteville-sur-Laize, près de Caen, s’est formée pendant quatre années au Shiatsu, puis a enrichi sa pratique par différentes approches japonaises et corporelles.
Bon à savoir
Le Shiatsu est une pratique complémentaire de bien-être. Il ne se substitue pas à une consultation, un diagnostic ou un traitement médical. Les ressentis peuvent varier d’une personne à l’autre.
